french, Non classé, nonsense

A litteul bite of my French flair

“Et pendant que ce qui reste de l’Union Européenne se focalise sur la question écologique, il semble que les étranges troupes stagnant le long des côtes de l’Atlantique se soient mises en mouvement et …”
” C’est pas possible, ils sont là !
– Qui donc ?
– Les méchants, ils sont là. Tu n’écoutes pas ?
– Ecouter le journal TV c’est un peu comme remplir une salière avec du sucre.
– Quoi ?
– Rien.
– En tout cas, c’est le moment. Ils sont là. Qu’est ce qu’on va faire ?
– Nous ? Rien.
– Comment ça rien ? Tu n’as pas peur ? Tu crois que l’UE va réagir vite ? Ils ont l’air occupés …
– Ils ont toujours l’air occupés.
– Si ca se trouve, on va tous se retrouver à devoir s’enrôler. J’y crois pas. Je suis trop jeune pour me faire trouer la peau !”
Le vieil homme se leva en direction du bar, et se servit un verre. En silence, il se dirigea vers la fenêtre, le poste de télévision continuait à lancer des nouvelles, et toutes semblaient être annoncées sur le ton de l’inquiétude.
“Calme toi. Il ne va rien se passer. Pas ici.
– Tu n’en sais rien. Tu es peut-être vieux mais tu n’as pas vécu de guerre, tu ne sais pas comment ça se passe. Pas plus que moi !
– Très juste, alors arrête de flipper et lâche moi la grappe avec cette histoire.”
Le plus jeune des deux, vexé, bondit de son siège et sortit de la pièce en claquant la porte derrière lui. A Bizarritze, tout semble toujours calme, mais aujourd’hui plus que d’habitude. C’est un peu trop calme, pensa le jeune. Peut-être ont-ils déjà posé le pied sur nos belles plages, et peut-être sont-ils en train de mettre leurs plans à exécution, de comploter ou de saccager ? L’imagination sans limite du jeune avait une certaine tendance à repousser les limites de sa raison, et elle arrivait souvent à lui faire peur, très peur. C’était décidé, si personne ne surveillait les côtes, et qu’on manquait l’arrivée des méchants, cela ne pourrait se finir qu’en catastrophe. Le jeune ne pouvait laisser faire ça, et prenant exemple sur les plus grands héros de ses livres illustrés favoris, il se mit en direction de la plage, prêt à affronter le danger.
Sur la plage il n’y avait aucun signe de potentielle sentinelle prête à sonner l’alerte. Seuls deux ou trois vieillards tentaient de jeter des bâtons à leur chiens sans s’arracher les bras, et des mouettes tournoyaient au-dessus de leur têtes espérant sans doute pouvoir picorer. Le jeune retira ses nu-pieds et ses chaussettes et sauta sur la plage depuis le promenoir, l’adrénaline courant dans ses veines. Ayant grandit dans cette ville, il ne désespérait pas de pouvoir, un jour qui sait, tenter de la changer; en bien. De devenir maire à la place du maire, de faire que celle-ci soit toujours la plus belle pour aller danser. Car chez lui on pouvait bien danser dans le temps. Mais c’était une autre histoire pensa t-il, une histoire à raconter plus tard. Il fallait se concentrer sur la tâche, et quelle tâche ! L’odeur des embruns venait lui chatouiller les narines, mais elle n’avait pas la tendresse qu’on lui connaissait d’ordinaire. On aurait dit qu’elle avait quelque chose d’amère, comme un signe de mauvaise augure, et le jeune pensa aussitôt qu’un des chiens avaient fait sur la plage (où ils sont normalement interdits). Peut-être était-ce simplement l’odeur corporelle d’un des maîtres, rétorqua une petite voix dans sa tête, mais le jeune fit mine de ne pas l’entendre.
“WOUF WOUF WOUF”
Il fut immédiatement sorti de sa rêverie par l’aboiement incessant d’un des chien. Celui-ci fixait l’horizon comme il devait fixer les postiers de son quartier, et si l’intuition du jeune était la bonne, cela devait annoncer quelque chose de mauvais. Quelques minutes passèrent avant qu’il ne comprenne à quel point il pouvait avoir raison. Quelle vision. Quelle horreur. Quelle vision d’horreur. Des centaines, non, des milliers de pseudo-surfeurs-neo-beatnik-post-hippies armés de GroPos et fumant des joints sur leur planches de surfs semblaient se lancer à l’assaut de la côte. Fort heureusement la mer agitée et pleine de vagues les prenait par surprise, et le jeune eut le temps de composer le numéro des forces-tranquilles de l’ordre. Répondeur. Tout était perdu.
Sur la plus grosse planche, un assaillant, grand au cheveux long et une constante barbe de trois jours, semblait mener la meute. Il portait des tatouages tribaux, et dissimulait dans son anus le dernier appareil appomme qui lui permettait de ne pas avoir mal lorsqu’il payait des sommes astronomiques pour avoir quelque chose de fashion. “Ces hommes-là n’ont pas l’air de rigoler” pensa le jeune, et il est évident que ce dernier ne rigolerait pas non plus avec quelque chose dans l’anus. Agités, les chiens et les mouettes hurlaient à la mort et les vieillards tentaient de prendre leurs jambes à leur cous, mais semblaient rester bloqués au niveau des genoux. Le jeune comprit immédiatement qu’il était seul, envers et contre tous. Il attendrait que la meute pose les pieds sur la plage, sa plage, et il ferait ce qui doit être fait.
Lorsque le moment fatidique arriva enfin, il fut surpris de voir que les méchants avaient préparé un hymne de guerre. L’un d’entre eux faisait effectivement du bruit et les autres se trémoussaient virilement – l’un d’entre eux mit même les doigts dans les yeux d’un autre – et, en chœur, ils entonnèrent tous un chant terrible : POPOLOPOPOPOPOOOPOOOO.
Ne pouvant rien faire d’autre, le jeune tomba à genoux, les tympans littéralement détruits par ce cri de ralliement mortel.
“J’ai échoué. Ils sont là, ils sont parmis nous.”

Advertisements
Standard

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s